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Verre ou plastique : ce que chaque matière apporte à un médicament

Le verre a été le premier matériau des flacons de pharmacie, et il reste celui des injectables. Le plastique l'a remplacé pour une grande partie des sirops, des gouttes et des comprimés. Aucun des deux n'a gagné : chacun a son terrain.

Par Rédaction Tecmom · 2 min de lecture

Flacon en verre ambré et flacon en PET ambré de forme voisine, côte à côte à contre-jour
Illustration — Verre ou plastique : deux matières, deux terrains.

Ce que le verre garde d'avance

Le verre est presque inerte et imperméable : il ne laisse passer ni l'oxygène, ni la vapeur d'eau, ni les gaz. Il supporte la chaleur des stérilisations, se nettoie, se contrôle à l'œil. Pour les médicaments injectables, sensibles et stériles, il reste la référence.

La Pharmacopée européenne distingue plusieurs types de verre. Le type I, en verre borosilicaté, offre la plus forte résistance hydrolytique : il cède très peu d'ions à une solution aqueuse. Les types II et III, en verre sodocalcique, conviennent à d'autres usages.

Ce que le verre coûte

Le verre casse, et un éclat dans une chaîne de remplissage arrête toute la ligne. Il est lourd, ce qui pèse sur le transport. Ses formes sont plus limitées : un flacon compte-gouttes souple, qu'on presse pour doser, ne peut pas être en verre.

Même le verre n'est pas parfaitement inerte. Certaines solutions peuvent, au fil du temps, arracher de fines lamelles à sa surface intérieure, un phénomène qu'on appelle la délamination.

Ce que le plastique apporte

Le plastique est léger et incassable. Il se moule en formes complexes : compte-gouttes, flacons souples, piluliers à charnière, capsules à sécurité enfant. Pour un sirop ou un comprimé, il réduit le poids et le risque de casse, à domicile comme en pharmacie.

En échange, il est perméable : il laisse passer un peu de gaz et de vapeur d'eau, et peut céder des substances au contenu ou en absorber. D'où les études de perméabilité et d'extractibles et relargables.

Le choix dépend de la forme

Pour un injectable, le verre domine encore. Pour un sirop, le PET s'est imposé, souvent en version ambrée ; voir notre article sur le flacon ambré. Pour un collyre multidose, le plastique souple permet la goutte dosée.

Les deux matières se teintent pour filtrer la lumière, et toutes deux se recyclent. La question n'est donc pas de savoir lequel est le meilleur, mais lequel protège le mieux ce médicament-là, dans cet usage-là.

Le verre protège mieux, le plastique sert mieux. Le bon flacon est celui qui fait les deux assez bien pour le médicament qu'il contient.

Glossaire

Verre de type I
Verre borosilicaté à forte résistance hydrolytique, utilisé pour les injectables.
Résistance hydrolytique
Capacité d'un verre à ne pas céder d'ions à une solution aqueuse.
Délamination
Détachement de fines lamelles de la surface intérieure d'un flacon en verre.
Perméabilité
Passage de gaz ou de vapeur à travers une paroi.

Pour aller plus loin