Flacon compte-gouttes : obtenir une goutte reproductible
Un collyre se dose à la goutte. Encore faut-il que la goutte soit toujours la même. Sa taille ne dépend pas seulement du médicament : elle se décide en grande partie dans le plastique du flacon et dans la géométrie de son embout.
Par Rédaction Tecmom · 3 min de lecture

Une dose qui tombe toute seule
Un flacon compte-gouttes n'a ni seringue ni cuillère : la dose, c'est la goutte. Le patient retourne le flacon, presse, et une goutte se forme au bout de l'embout jusqu'à ce que son poids l'emporte sur la tension qui la retient.
La revue de référence sur le sujet, publiée en 2004 dans Survey of Ophthalmology, relève que les flacons du commerce délivrent des gouttes de 25 à 70 microlitres. Ses auteurs recommandent, pour des raisons biopharmaceutiques et économiques, d'instiller des volumes bien plus petits, de 5 à 15 microlitres : au-delà, l'excédent déborde et se perd.
Quatre facteurs, dont trois dans l'emballage
La même revue classe les déterminants de la taille d'une goutte :
- le dessin de l'embout : diamètre et forme de l'extrémité où la goutte se forme ;
- les caractéristiques du flacon : la souplesse de sa paroi, qui règle la pression transmise ;
- les propriétés de la solution, à commencer par sa tension de surface ;
- le geste du patient : l'inclinaison du flacon et la pression exercée.
Une étude brésilienne sur des larmes artificielles a mesuré, à elle seule, un écart de plus de 10 % du volume de la goutte selon l'inclinaison du flacon. Un emballage reproductible ne supprime pas ce facteur, mais il évite d'en ajouter d'autres.
Ce que fixe la pharmacopée
La Pharmacopée européenne encadre les préparations ophtalmiques. Les collyres sont stériles. En flacon multidose, ils contiennent un conservateur antimicrobien, sauf si la préparation a elle-même des propriétés antimicrobiennes ; sans conservateur, ils sont présentés en unidoses ou dans un flacon multidose qui empêche la contamination après ouverture.
Le récipient multidose d'un collyre contient au plus 10 ml, sauf justification. L'étiquette indique la durée d'utilisation après ouverture, qui ne dépasse pas quatre semaines, sauf justification là encore. C'est autant d'ouvertures et de fermetures que le flacon doit supporter sans fuir. Voir les emballages pharmaceutiques.
Le moule fait la goutte
L'orifice d'un embout est minuscule, et la goutte en dépend directement. Ce genre de détail ne se reprend pas après moulage : il sort du moule d'injection à ses cotes, ou il est faux. C'est l'outillage qui garantit qu'un flacon fabriqué en fin de série délivre la même goutte que le premier.
L'étanchéité, elle, se joue au col. Le filetage de la bague et la portée de la capsule doivent tenir un mois d'usage quotidien, flacon retourné.
Dans la gamme Tecmom
Le catalogue compte un flacon compte-gouttes en PEHD de 10 ml, col étroit en bague 18, destiné aux solutions ophtalmiques et ORL, un flacon de 20 ml de même bague pour les gouttes et solutions faiblement dosées, et un flacon ophtalmique de 5 à 10 ml.
Personne ne regarde l'embout d'un collyre. Pourtant, chaque matin, il décide de la dose. Une goutte reproductible, c'est un orifice minuscule, dessiné une fois dans l'acier et répété à l'identique, flacon après flacon.
Glossaire
- Compte-gouttes
- Flacon dont l'embout délivre le liquide goutte à goutte.
- Embout
- Pièce rapportée au col du flacon, percée de l'orifice où se forme la goutte.
- Multidose
- Flacon ouvert et refermé à chaque prise, par opposition à l'unidose.
- Tension de surface
- Force qui retient la goutte à l'embout tant que son poids ne l'emporte pas.