PEHD, PET, PP : quelle matière pour quel flacon
Un flacon plastique n’est jamais neutre : la matière dont il est fait détermine sa transparence, sa résistance chimique, sa capacité à retenir un gaz ou une odeur, et la température qu’il supporte sans se déformer. Trois matières reviennent le plus souvent dans le conditionnement de flacons : le polyéthylène haute densité (PEHD), le polyéthylène téréphtalate (PET) et le polypropylène (PP). Elles ne se distinguent pas par du marketing, mais par des propriétés physiques et chimiques mesurables, documentées par les fournisseurs de matières premières et de matériel scientifique.
Le PEHD est une polyoléfine — famille chimique qui inclut aussi le PP — obtenue par polymérisation de l’éthylène selon un procédé qui produit des chaînes moléculaires resserrées, d’où sa densité plus élevée que d’autres polyéthylènes. Il se présente à l’état naturel sous un aspect blanc laiteux, translucide plutôt que transparent. Chimiquement inerte, il résiste bien à un grand nombre d’acides, de bases et de solvants usuels ; seuls les oxydants forts finissent, à la longue, par le fragiliser. Sa tenue en température va jusqu’à environ 120 °C en usage continu, et il conserve sa résistance aux chocs même à basse température. Ces propriétés en font une matière courante pour des flacons à usage industriel, cosmétique ou pharmaceutique, partout où l’opacité ne pose pas de problème et où la résistance chimique prime sur la visibilité du contenu.
Le PET appartient à une autre famille chimique, les polyesters. Sa propriété la plus visible est son excellente transparence : il laisse voir le contenu avec une clarté optique proche de celle du verre, ce qui explique sa présence massive dans l’embouteillage de boissons et, plus largement, partout où la présentation du produit compte. Il oppose aussi une barrière efficace au passage des gaz — en particulier au dioxyde de carbone — et à l’humidité, ce qui limite les échanges entre le contenu et l’air extérieur dans le temps. Il est en revanche plus sensible aux chocs à basse température que le PEHD ou le PP, et sa tenue à la chaleur est plus limitée.
Le PP, ou polypropylène, est chimiquement proche du PEHD — même famille des polyoléfines — mais s’en distingue par une tenue en température nettement supérieure : sa température de déflexion sous charge atteint environ 107 °C et son usage continu peut aller jusqu’à 130 °C. Cette caractéristique le rend compatible avec la stérilisation à la vapeur en autoclave ; un cycle courant de 121 °C à 15 psi pendant vingt minutes est communément appliqué à des contenants en PP, sous réserve d’une ventilation adaptée pour éviter leur affaissement. Comme le PEHD, il se présente naturellement sous un aspect blanc laiteux translucide, qu’un colorant peut rendre opaque. Sa résistance chimique est proche de celle du PEHD, avec une sensibilité un peu plus marquée aux hydrocarbures aromatiques et aux cétones aromatiques.
Ces propriétés — transparence, barrière aux gaz, tenue en température, résistance chimique — sont ce qui distingue objectivement les trois matières entre elles. Elles ne disent rien, en revanche, de l’aptitude d’un flacon donné à recevoir tel produit précis : cette compatibilité-là dépend de la formulation exacte du contenu, et seul un essai de compatibilité entre le contenant et le contenu peut la confirmer.