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Nitrosamines : pourquoi l'emballage entre dans l'enquête

En 2018, des traces d'une impureté cancérogène probable ont été trouvées dans des médicaments contre l'hypertension. Depuis, les laboratoires cherchent d'où viennent les nitrosamines. La réponse la plus inattendue est venue d'un emballage.

Par Rédaction Tecmom · 2 min de lecture

Plaquette de blister scellée au dos lisse, posée à côté d'un flacon de comprimés en plastique blanc translucide
Illustration — Blister et flacon : chaque composant d'emballage entre dans l'évaluation du risque nitrosamines.

L'affaire des sartans

Les nitrosamines sont des composés qui se forment quand une amine réagit avec un agent nitrosant, comme les oxydes d'azote ou les nitrites. Plusieurs d'entre elles, dont la NDMA (N-nitrosodiméthylamine), sont considérées comme des cancérogènes probables.

Selon l'Agence européenne des médicaments (EMA), les autorités de l'Union en ont pris conscience à la mi-2018, quand de la NDMA a été détectée dans des médicaments contre l'hypertension de la famille des sartans. Un examen scientifique a suivi, et les titulaires d'autorisation doivent depuis évaluer le risque pour chacun de leurs produits.

Une source inattendue : l'opercule du blister

On cherchait d'abord dans la synthèse des principes actifs. L'emballage est entré dans la liste des causes possibles en 2019. Un titulaire d'autorisation a observé des nitrosamines dans des comprimés conditionnés en blister, dont l'opercule en aluminium portait un primaire d'impression à la nitrocellulose.

L'hypothèse : au thermoscellage, la chaleur libère des oxydes d'azote, qui réagissent avec des amines venues de l'encre ; les nitrosamines formées passent ensuite vers le produit. Une étude a soutenu cette piste : sans primaire nitrocellulosique, ni NDMA ni NDEA ne se formaient. Pour comparer les formats, voir blister ou flacon.

Ce que le laboratoire évalue

L'évaluation de risque porte sur tout ce qui entre dans le médicament ou le touche. Pour l'emballage, le laboratoire recense chaque composant : flacon, capsule, joint, opercule, encres et primaires des éventuels décors. Pour chacun, il se demande si des amines ou des agents nitrosants peuvent être présents, et si une étape du conditionnement, comme un scellage à chaud, peut les faire réagir.

La démarche rejoint celle des extractibles et relargables : on cherche ce qu'un matériau pourrait céder au médicament, puis ce qu'il cède réellement.

Ce que le fabricant d'emballages apporte

Le laboratoire ne peut pas conclure sans données. Le fabricant d'emballages y contribue en documentant la composition de ses matières, leurs additifs et ses éventuels procédés de décor, et en signalant tout changement. C'est le rôle du conditionnement primaire, dont la matière est inscrite au dossier du médicament.

Cet article ne prête à aucune matière une absence de risque : c'est l'évaluation du laboratoire, composant par composant, qui la conclut.

L'affaire des nitrosamines a rappelé une règle simple : un emballage ne se contente pas de contenir. Il peut aussi réagir, et il entre donc dans l'enquête.

Glossaire

Nitrosamine
Composé formé par la réaction d'une amine avec un agent nitrosant ; plusieurs sont des cancérogènes probables.
NDMA
N-nitrosodiméthylamine, la nitrosamine détectée dans les sartans en 2018.
Thermoscellage
Scellage d'un opercule par la chaleur et la pression.
Nitrocellulose
Polymère employé dans certains primaires et encres d'impression.

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