Médicaments contrefaits : ce que l'emballage peut prouver
Un faux médicament ressemble à un vrai : c'est tout son principe. Face à lui, l'emballage n'est pas un rempart absolu, mais il peut porter des preuves. À condition de savoir lesquelles, et ce qu'elles valent.
Par Rédaction Tecmom · 2 min de lecture

L'ampleur du problème
En 2017, l'Organisation mondiale de la santé a estimé qu'environ un produit médical sur dix était de qualité inférieure ou falsifié dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. L'estimation repose sur plus d'une centaine d'études portant sur 48 000 échantillons dans 88 pays ; l'OMS précise elle-même qu'elle n'indique qu'un ordre de grandeur, faute de données complètes.
L'OMS distingue deux cas. Un produit de qualité inférieure est autorisé, mais ne satisfait pas à ses normes de qualité. Un produit falsifié trompe délibérément sur son identité, sa composition ou son origine.
Ce que l'Europe impose
L'Union européenne a répondu par la directive 2011/62/UE sur les médicaments falsifiés. Depuis le 9 février 2019, les médicaments soumis à prescription portent deux dispositifs de sécurité, définis par le règlement délégué (UE) 2016/161 : un identifiant unique, qui permet de vérifier chaque boîte avant sa délivrance, et un dispositif antieffraction, qui montre si l'emballage a été ouvert.
Au Maroc, la loi n° 27.26 qui modifie le code du médicament, adoptée par le Parlement en juin 2026, renforce le contrôle après mise sur le marché et la lutte contre la contrefaçon, selon le ministre de la Santé.
La part du conditionnement primaire
L'identifiant unique se trouve sur la boîte. Le flacon, lui, apporte une autre preuve : celle de la première ouverture. Une capsule inviolable, dont la bande se détache au premier dévissage, ou un opercule scellé sous la capsule, montrent au pharmacien et au patient que personne n'a ouvert le flacon avant eux. Voir la capsule inviolable.
Ces témoins ne prouvent pas qu'un médicament est authentique : un faussaire peut copier un flacon. Ils prouvent qu'un flacon authentique n'a pas été ouvert. C'est pourquoi les dispositifs se cumulent, de la boîte au flacon.
Une chaîne de preuves
Face à la falsification, aucun élément ne suffit seul : un emballage authentique, un identifiant vérifié, une ouverture prouvée, une chaîne de distribution contrôlée. Le fabricant d'emballages y contribue par la régularité de ses pièces et leur traçabilité, lot par lot. Voir les emballages pharmaceutiques.
Un emballage ne rend pas un médicament authentique. Il rend une fraude plus difficile et une ouverture visible. C'est modeste, et c'est précieux : la confiance du patient se joue souvent sur ce petit témoin intact.
Glossaire
- Médicament falsifié
- Produit qui trompe délibérément sur son identité, sa composition ou son origine.
- Qualité inférieure
- Produit autorisé qui ne satisfait pas à ses normes de qualité.
- Identifiant unique
- Code propre à chaque boîte, vérifié avant la délivrance.
- Dispositif antieffraction
- Élément qui montre si un emballage a été ouvert.