Zone Industrielle Ouled Saleh — 20180 Bouskoura, Maroc

Industrie pharmaceutique marocaine : la part de l'emballage

On parle de la production locale de médicaments en termes de molécules, d'usines et d'autorisations. On parle moins de ce qui les contient. Or un médicament fabriqué au Maroc a besoin de flacons, de capsules et de piluliers qualifiés, et ces choix entrent dans son dossier.

Par Rédaction Tecmom · 3 min de lecture

Rangée de contenants pharmaceutiques blancs vides, flacon, pilulier, tube rigide et capsule, dans une lumière douce
Illustration — Flacons, piluliers, tubes et capsules : la part discrète de la production pharmaceutique.

Un cadre en recomposition

Le médicament au Maroc est encadré depuis 2006 par la loi n° 17-04 portant code du médicament et de la pharmacie. Le paysage institutionnel a changé depuis : la loi n° 10-22 a créé l'Agence marocaine du médicament et des produits de santé, dont le projet a été adopté en commission à la Chambre des représentants en février 2023. Présentée par le ministre de la Santé comme un outil de souveraineté médicamenteuse, l'agence est décrite par la presse économique comme une rupture avec l'ancienne Direction du médicament et de la pharmacie.

En juin 2026, le Parlement a adopté le projet de loi n° 27.26, qui modifie ce code. Le ministre de la Santé l'a présenté non comme une refonte, mais comme des amendements ciblés : renforcer les missions d'autorisation, de contrôle, d'inspection et de pharmacovigilance de l'agence, durcir le contrôle des médicaments après leur mise sur le marché, permettre le retrait des produits non conformes et lutter contre la contrefaçon.

Des chiffres à manier avec prudence

Quelle part des médicaments consommés au Maroc y est fabriquée ? Les chiffres publiés varient selon les sources, les années et ce qu'ils mesurent : unités, valeur ou volume. Faute de série officielle récente et homogène, cet article n'en retient aucun.

Les industriels qui disposent de sites de fabrication sont regroupés dans une fédération, aujourd'hui la FMIIP, ex-AMIP.

Ce que la production locale demande à l'emballage

Un médicament fabriqué localement doit être conditionné localement, ou faire venir ses emballages de loin. Or le conditionnement primaire, celui qui touche le médicament, n'est pas un achat comme un autre. Sa matière, son étanchéité et sa stabilité entrent dans le dossier d'autorisation ; en changer se justifie auprès de l'autorité. Un laboratoire ne change pas de flacon comme on change de carton.

La conséquence est double. Le fournisseur d'emballages primaires doit être qualifié, selon les règles des bonnes pratiques appliquées aux articles de conditionnement, celles de l'ISO 15378. Et la relation est longue : une fois un flacon inscrit au dossier, il y reste. Voir ce que la norme exige.

Un contrôle qui remonte la chaîne

Un contrôle renforcé après la mise sur le marché vise le médicament, mais il remonte toute la chaîne : un défaut de conditionnement se traite comme un défaut du produit. Un laboratoire a donc intérêt à des fournisseurs capables de documenter leur matière, leurs contrôles et leur traçabilité lot par lot.

C'est le terrain des fabricants d'emballages certifiés. Tecmom, à Bouskoura, est certifiée ISO 9001 et ISO 15378 et produit en environnement contrôlé des flacons, piluliers, tubes rigides et capsules destinés aux industries pharmaceutique et vétérinaire. Voir les emballages pharmaceutiques.

La souveraineté pharmaceutique se mesure en usines et en molécules. Elle se mesure aussi, plus discrètement, en flacons : ceux qu'on sait fabriquer, qualifier et livrer sans dépendre d'un conteneur venu d'ailleurs.

Glossaire

AMMPS
Agence marocaine du médicament et des produits de santé, créée par la loi n° 10-22.
Établissement pharmaceutique industriel
Entreprise autorisée à fabriquer des médicaments au Maroc.
Conditionnement primaire
Emballage en contact direct avec le médicament, inscrit à son dossier.
ISO 15378
Norme qui applique les bonnes pratiques de fabrication aux articles de conditionnement primaire.

Pour aller plus loin