Silicagel : comment une capsule garde un comprimé au sec
Un comprimé effervescent commence à mousser dès qu'il rencontre de l'eau, et l'air ambiant en contient toujours. Entre les deux, il y a un tube, une capsule et un matériau très particulier : le gel de silice.
Par Rédaction Tecmom · 3 min de lecture

L'ennemi invisible
Certains médicaments craignent l'humidité plus que tout. Le cas d'école est le comprimé effervescent : il associe un acide et un bicarbonate qui réagissent ensemble au contact de l'eau pour libérer du gaz carbonique. C'est voulu dans le verre ; c'est une dégradation dans l'emballage. D'autres comprimés, des gélules, des poudres réagissent plus lentement mais tout aussi sûrement.
Or l'humidité entre de deux façons : à travers la paroi, très lentement, et à chaque ouverture, d'un coup. Un tube de vingt comprimés est ouvert vingt fois. L'emballage doit donc faire deux choses : laisser entrer le moins d'eau possible, et capter celle qui entre malgré tout.
Un matériau qui boit l'air
Le gel de silice, ou silicagel, est une forme de dioxyde de silicium amorphe, criblée de pores minuscules. Sa surface interne est immense au regard de son volume, et la vapeur d'eau s'y fixe par simple adsorption : sans réaction chimique, sans sous-produit, sans rien libérer dans le tube.
C'est ce qu'on appelle un dessiccant. La pharmacopée américaine encadre ces matériaux depuis 2016 dans son chapitre <670> sur les composants auxiliaires d'emballage, qui cite le gel de silice parmi les dessiccants courants et fixe les essais qu'ils doivent passer, dont leur capacité d'adsorption.
Pourquoi dans la capsule
Loger le dessiccant dans la capsule plutôt que dans un sachet glissé parmi les comprimés a deux avantages. Le dessiccant reste séparé du produit, et il ne peut ni se perdre ni être avalé par erreur. Surtout, il se trouve exactement là où l'air humide entre à chaque ouverture : au col.
Mais un dessiccant n'est pas un bouchon. Sa capacité est finie ; une fois saturé, il ne protège plus rien. Elle se dimensionne donc avec le reste : l'épaisseur et la matière de la paroi, l'étanchéité du bouchage, la durée de conservation visée, le nombre d'ouvertures. Les études de stabilité, conduites dans l'emballage commercial comme le prévoit la ligne directrice ICH Q1A, valident l'ensemble.
La barrière d'abord
Le meilleur dessiccant ne compense pas un bouchage qui fuit. C'est pourquoi le tube et sa capsule sont des pièces injectées : le filetage et la portée d'étanchéité sortent du moule à leurs cotes, sans reprise. Un tube rigide en polypropylène, fermé au fond dès le moulage, n'a qu'une ouverture à tenir : le col.
En élevage, la contrainte se durcit. Les flacons s'ouvrent avec des gants, sous la pluie, plusieurs fois par jour ; d'où l'intérêt des capsules à dessiccant pour les traitements vétérinaires.
Dans la gamme Tecmom
Le catalogue compte deux capsules à insert de gel de silice, de 20 et de 25 mm de diamètre, et une série de tubes rigides en PP pour comprimés dont la capsule peut recevoir un dessiccant silicagel. Certaines de ces capsules existent aussi avec une vrille, la spirale qui tient la pile de comprimés pendant le transport.
Le choix entre ces versions se fait avec le laboratoire, à partir de la sensibilité du produit. Voir les emballages pharmaceutiques.
Dans un tube de comprimés effervescents, le produit le plus fragile n'est pas celui qu'on croit. C'est l'air du tube. Le silicagel le garde sec, ouverture après ouverture, jusqu'au dernier comprimé.
Glossaire
- Dessiccant
- Matériau qui capte l'humidité de l'air contenu dans un emballage.
- Silicagel
- Gel de silice : dioxyde de silicium amorphe et poreux, utilisé comme dessiccant.
- Adsorption
- Fixation d'un gaz ou d'une vapeur à la surface d'un solide, sans réaction chimique.
- Vrille
- Spirale logée sous la capsule d'un tube, qui maintient la pile de comprimés.