Cosmétique : une même forme, des dizaines de variantes
Dans une pharmacie, deux flacons identiques sont une bonne nouvelle. Sur le rayon d'une marque cosmétique, c'est l'inverse : chaque gamme veut sa teinte, son toucher, son décor. Pour le fabricant d'emballages, tout se joue sur une question : qu'est-ce qui peut varier sans refaire le moule ?
Par Rédaction Tecmom · 3 min de lecture

L'apparence, un critère de premier rang
En cosmétique, l'emballage garde les exigences de tous les marchés : il doit être compatible avec la formule, la protéger, fermer juste. Mais l'apparence devient un critère à part entière : translucide ou opaque, brillant ou dépoli, teinté, décoré. Une même gamme se décline en plusieurs parfums, plusieurs contenances, plusieurs saisons.
La conséquence industrielle est directe : de nombreuses variantes sur une même géométrie. Voir les emballages cosmétiques.
Ce qui change sans toucher au moule
Certaines variantes ne demandent aucun nouvel outillage.
- La teinte : elle se donne à la matière, par un mélange coloré ajouté à la résine. Le moule ne change pas ; il faut seulement purger la machine entre deux couleurs.
- Le décor rapporté : impression, étiquette, marquage, appliqués sur la pièce après moulage.
- La capsule : une autre couleur ou une autre forme de capsule sur le même col change l'allure d'un flacon sans le modifier.
Ce qui oblige à reprendre l'acier
D'autres variantes se décident dans le moule lui-même.
- La finition de surface : une pièce brillante sort d'une empreinte polie, une pièce mate ou texturée d'une empreinte grainée, par exemple par électroérosion. Les fabricants de moules s'appuient sur des échelles de finition, comme celles de la SPI pour le poli et le référentiel allemand VDI 3400 pour les grains. Changer de finition, c'est retravailler l'acier.
- Un relief ou un logo moulé : il fait partie de la cavité.
- La forme : une nouvelle silhouette est un nouveau moule.
D'où l'intérêt de penser les variantes dès la conception : prévoir des parties interchangeables dans le moule, des inserts, permet de faire évoluer un détail sans refaire tout l'outillage. C'est la conception du moule qui décide de ce qui pourra varier.
La compatibilité ne se négocie pas
Une nouvelle teinte n'est pas qu'une question de goût : un colorant est un constituant de plus au contact de la formule. Dans l'Union européenne, le règlement (CE) n° 1223/2009 sur les cosmétiques demande que le rapport de sécurité de chaque produit comprenne des informations sur le matériau d'emballage. La migration de l'emballage vers le produit est la principale préoccupation, comme le rappellent les guides professionnels du secteur.
Une variante d'aspect peut donc demander une vérification de compatibilité, au même titre qu'un changement de matière.
Ce que propose Tecmom
Tecmom conçoit et fabrique ses moules : c'est ce qui permet de dessiner une forme propre à une marque et de prévoir dès le départ ce qui variera. Voir notre savoir-faire. Le catalogue compte notamment un tube PEHD monocouche de 80 ml pour crèmes et gels, et un flacon en polypropylène à bec verseur de 125 ml.
Une gamme cosmétique réussie donne l'impression d'une infinité de flacons. Pour le fabricant, c'est souvent un seul moule bien pensé, et une liste précise de ce qu'on a le droit de changer.
Glossaire
- Mélange coloré
- Concentré de colorant ajouté à la résine pour teinter la pièce dans la masse.
- Finition de surface
- État de la surface de l'empreinte, du poli miroir au grain, que la pièce reproduit.
- Insert
- Partie amovible d'un moule, que l'on peut changer pour modifier un détail de la pièce.
- Électroérosion
- Usinage par décharges électriques, utilisé notamment pour grainer une empreinte.